La Clôture

UN FILM DE TARIQ TEGUIA

Un film-carte dans le labyrinthe d’impasses constituant la ville (Alger et ses environs) et la société algérienne. Un film où de jeunes algérois s’efforcent de dire ce que leurs existences impliquent d’impuissances et de renoncements.

Si par instant il peut en prendre les formes, ce travail ne se veut pas à proprement parler documentaire. Tous les personnages sont filmés dans leurs quartiers respectifs. Ces plans, tournés en extérieurs lorsque les conditions le permettent, respectent un identique protocole. Resserré sur les visages et dévoilant une faible portion de l’espace alentour, le cadre contraint les gestes et les mouvements. Haçla (La clôture) tente de donner à voir et entendre, dans l’alternance des paroles et des milieux, une société bloquée, refermée sur elle-même, où les espaces de liberté se réduisent à des paroles individuelles.a

Haçla (La clôture) cherche moins la captation du visible et sa supposée vérité, mais son modelage et sa mise en scène. Ce film ne revendique pas autre chose que d’être une fiction du réel.

Les acteurs

sofiane medraoui
fethi ghares, oussama
kader affak lali maloufi
sofiane aïchoune mame

Équipe technique

scénario tariq teguia
image djamel khitab
son yacine teguia samir lasauva
montage andrée davanture raphaëlle uriewicz
montage son jacques stiebler
musique el hachemi l’kerfaoui tchamba

Festivals

Festival de Berlin/Panorama, 2003
Festival de Marrakech/Compétition, 2003
Festival d’Amiens, 2003
Festival de Carthage, 2004
Festival Panafricain de Rome, 2004
Festival international du cinéma méditerranéen de Montpellier,
2004

Specifications

format: video       couleur       durée : 24 minutes       ratio : 4/3       Algérie/ France       2003

Prix
Prix spécial du Jury, Festival de Marrakech
presse

« Mêmes signes de frustration et de révolte chez les jeunes Algériens qui expriment leur rage sans retenue devant la caméra de Tariq Teguia dans le surprenant La Clôture, comme s’ils vivaient un terrible exil intérieur. »
Rencontres internationales du documentaire de Montréal, 2004


« Haçla (La Clôture) de Tariq Teguia apparaît comme un écho douloureux, laissant la voix aux jeunes hommes algérois qui n’ont plus que cela pour exister. Le film leur laisse une parole frontale, face au spectateur, et leurs mots chargés de violence, dans un arabe dialectal peu entendu à la télé, sonnent comme un rap désabusé, un slam bourré de désirs inassouvis et de désespoir rentré. Une longue descente en voiture sous la pluie sur fond tragique d’une chanson populaire de chaâbi suggère en fin de film combien cette thérapie par la parole était nécessaire.»
Olivier Barlet, Africultures


«(...) La Clôture, bouleversant carnet de croquis sur Alger, où des hommes jeunes, disent « ne rien attendre de la vie ». Leur véhémence, leur rage sont d’autant plus violentes qu’elles s’expriment droit devant la caméra. De ce film, le cinéaste, dans le même entretien, dit qu’on peut le tenir pour « le manifeste d’une génération ». Il ajoute : « Il y a tellement de fiction là-dedans. Ils jouent quasiment tous. » Un jeu dangereux pour eux, ils le savaient, se livrant à visage découver t. On peut voir là la matrice des longs-métrages de Tarik Teguia. »
Émile Breton, L’Humanité


« La Clôture, le film de Tariq Teguia réalisé juste avant Rome Plutôt que vous, où des vues d’Alger, de ses habitants qui tiennent les murs, s’intriquent avec des monologues de jeunes hommes désemparés, en colère, qui crient leur dépit de vivre dans un pays qui ne leur donne rien et leur prend tout, pour composer un film libre, presque une impro free-jazz (même si rien ici n’est improvisé), à la fois nerveux, colérique, revendicatif et mélancolique. »
Isabelle Régnier, Le blog d’Isabelle Régnier, Le Monde

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