Inland

UN FILM DE TARIQ TEGUIA
SYNOPSIS

Alors qu’il vit en quasi reclus, Malek, un topographe d’une quarantaine d’années, accepte, sur l’insistance de son ami Lakhdar, une mission dans une région de l’Ouest algérien. Le bureau d’études oranais, pour lequel il travaillait il y a encore peu, le charge des tracés d’une nouvelle ligne électrique devant alimenter des hameaux enclavés des monts Daïa, une zone terrorisée il y a à peine une décennie par l’islamisme.

Arrivé sur le site après plusieurs heures de route, Malek commence par remettre en état le camp de base – une cabine saharienne délabrée ayant déjà abrité une précédente équipe, venue à la fin des années 90, mais décimée lors d’une attaque des intégristes.

Dès les premières lueurs du jour, Malek se met au travail. Il procède aux premiers relevés topographiques, arpente les étendues autour du camp de base. Dans la nuit, son sommeil est perturbé par de puissantes déflagrations.

Le lendemain matin, depuis un promontoire d’où il effectue des mesures, Malek voit un attroupement aux abords d’un bois. Des gendarmes et des villageois s’affairent autour de corps mutilés. Qui sont ces hommes dont on recouvre les dépouilles de draps blancs ?

De retour dans le camp de base, Malek trouve une jeune femme dissimulée dans un recoin de la cabine saharienne. Elle est Noire, parle difficilement l’anglais et ne veut pas donner son nom. Malek décide de l’emmener vers le Nord, en direction de la frontière marocaine, lieu de passage obligé pour atteindre l’enclave espagnole de Mellila, destination probable de la fuyarde.

Mais la jeune femme sort de son silence. Elle ne veut plus fuir vers l’Europe, elle est épuisée, elle veut rentrer chez elle, elle accomplit le chemin du retour. Elle dessine du doigt un itinéraire sur les cartes de Malek, vers le Sud Est, en une interminable diagonale vers la frontière algéro-malienne. La route vers le désert, soit un point de disparition mutuelle.

Les acteurs

kader affak
ina rose djakou
ahmed benaissa
fethi ghares, kouider medjahed, djalila kadi-hanifi

Festivals

Mostra de Venise, sélection offficielles/Competition, 2008
Festival de Thessalonique, 2008
Entrevues, Belfort/Competition, 2008
Festival de Rotterdam/Spectrum, 2009
Festival de Guadalajara, 2009
Festival de Jeonju/Compétition, 2009
Festival de Seattle, 2009
Festival du film Francophone de Tübingen/Compétition, 2009

Équipe technique

produit par yacine & philippe carcassonne
scénario tariq & yacine teguia
image nasser medjkane hacène aït-kaci
son matthieu perrot kader affak
montage andrée davanture rodolphe molla
mixage myriam rené

Prix

Prix de la critique internationale (FIPRESCI), Mostra de Venise, 2008
Prix du jury au festival de Jeonju, 2009
Prix du jury, festival d’Alexandrie, 2009
Prix du meilleur film & Prix de la critique, festival de Tübingen, 2009

Specifications

Algérie/France     2008     format de tournage : HD vidéo    format de projection : 35 mm     couleur    durée :  2h18
minutes  1.85    dolby srd

UN FILM PRODUIT PAR NEFFA FILMS
Coproduit par Ciné@    Le Fresnoy

Ce film a été produit avec le soutien financier
Fdatic Ministère de la culture Algérie
Fonds Sud Ministères de la culture et desd affaires étrangères
France
Hubert Bals Fund Rotterdam Pays-Bas
presse

« Tous les sens semblent attisés et mobilisés, la musique (admirable) se fond au blanc dans l’image. (...) C’est splendide, c’est du grand art. »
Jean-Baptiste Morain Les Inrockuptibles

« Par son sens de la cruauté, de l’absurde et de la révolte (...) par son profond humanisme qui hurle silencieusement à perte de vue, ce film semble multiplier Kafka par Camus et y additionner Antonioni. L’équation est complexe, son résultat bouleversant. »
Jacques Mandelbaum Le Monde

« Le cinéaste mixe land art et chronique politique d’une Algérie convalescente. Autant prévenir : il faut aimer déchiffrer les cartes. Car le film est saturé d’ellipses et dépourvu de panneaux indicateurs.(...)Il faut sans doute remonter au Gerry de Gus Van Sant pour trouver une vision du désert aussi vibrante. A moto ou en train, en voiture ou à pied, la traversée donne lieu à des plans qui disent la soif ardente de se perdre pour mieux s’émanciper. »
Jacques Morice Télérama

« Inland, véritable claque cinématographique où le cinéaste délaisse le versant conceptuel au profit d’une superbe écriture formelle, où tout dans le cadre fait à la fois sens et émotion. Cette odyssée d’un topographe algérien, le menant de l’ouest de son pays aux abords arides du Sahara, est un immense moment de poésie politique et de cinéma scrutateur d’une réalité hélas universelle : l’utopie tragique de la liberté. »
Xavier Leherpeur, Studio CinéLive

Regarder la bande-annonce

presse

« Comme tous les grands géographes, de Braudel à Kramer, Teguia est aussi et simultanément historien. Il ne tisse pas les lignes pour faire tapisserie, mais, comme il le dit dans l’entretien, pour « voir entre les mailles », y faire affleurer les traces du passé et les signes d’une autre Algérie possible. Les traces, comme les mines, sont inapparentes. Teguia se garde bien de les chercher – peu de films confirment comme Inland que le cinéma n’a pas plus à montrer qu’à démontrer.»
Cyril Neyrat, Les Cahiers du Cinéma

« Comment appellerait-on un road movie dans lequel il n’y aurait plus de routes ? Inland apporte, de manière intelligente, une réponse de toute beauté. »
Claude Martino, La Marseillaise

« La promesse apportée par Rome plutôt que vous s’est muée en certitude. Certitude que l’Algérie tient en Tariq Teguia un cinéaste de premier plan. Reste à savoir ce qu’elle va en faire. »
Jean-Philippe Tessé, Chronicart